Le 3 Aout marque la disparition de Rudolf Brazda, dernier survivant connu de la déportation homosexuelle dans les camps nazi durant la seconde guerre mondiale.
Il s’est éteint, au petit matin, à l’âge avancé de 98 ans.
Il fut déporté au camp de concentration de Buchenwald en août 1942, il y reste jusqu’après la libération du camp par les forces américaines le 11 avril 1945. Son matricule est le « 7952 ». Ayant d’abord dû exécuter des travaux de force dans la carrière, il y est affecté à des tâches plus légères, à l’infirmerie, avant d’intégrer un kommando de couvreurs en charge de l’entretien des toitures des nombreux bâtiments constituant le camp (baraquements, casernements, bâtiments administratifs ainsi que les lieux de résidence surveillée pour certains déportés politiques importants). Il est, à de nombreuses occasions, le témoin des sévices endurés par les homosexuels et les autres catégories de détenus, ayant parfois vent du sort funeste réservés à ceux — handicapés, mutilés ou inaptes au travail — qui sont convoqués à l’infirmerie et n’en revinrent pas, assassinés par injection mortelle.
Avec l’aide d’un kapo qui le cache dans la porcherie du camp, il échappe aux marches forcées de détenus, lors de l’évacuation du camp par les SS, au début du mois d’avril 1945.
Au sein de son kommando de couvreurs, il aura l’occasion de nouer des liens avec d’autres détenus, notamment avec des communistes, dont Fernand, un alsacien originaire de Mulhouse. À sa sortie du camp, plutôt que de retourner dans sa famille, restée en Allemagne, Rudolf suit Fernand, qui avait été déporté politique (ancien volontaire des Brigades internationales étant allé combattre le régime de Franco en 1936). Début mai 1945, ils arrivent en France par le Luxembourg et se trouvent à Metz, lorsque la capitulation est annoncée. De là, ils se rendent à Mulhouse, par Belfort. La vie reprend son cours et Rudolf trouve un travail de couvreur tandis que, peu de temps après, Fernand se voit confier un poste dans l’administration d’un camp de prisonniers de guerre en Forêt-Noire, où il rencontre sa future épouse. Fernand décède en 1984.
